Navalon de tentadeo

Navalon de tentadeo
Navalon de tentadero. Photo de Carmen Esteban avec sa permission

lundi 24 juin 2013

Les bas fonds de la corrida à Alicante!


Là, je crois que nous touchons le fond des fonds et des bas fonds.



Grande corrida à Alicante, chez notre Simon. Castella, Perera, Luque toros d'Alcurrucen. Je regarde cela sur mon ordinateur.



Petite moitié d'arène, même pour le commentateur Moles, MierdaToro voit deux tiers ce matin dans sa resena. Tiens tiens !



Premier toro véritablement minuscule, anovillado sans le moindre trapio.430 kgs annoncés je crois . Castella s'ennuie et m'ennuie, comme toujours.



Second toro. Un peu plus lourd. Premier tercio de manso majuscule. Perera décide de NE PAS PIQUER LE TORO. La Présidence accepte. Nul ne peut nier que Perera est un torero en apparence puissant, au moins avec ce genre de toro. Faena longue, digne d'un tentadero. Le toro a du fond, car il n'a pas été piqué du tout.Le public est ravi. Pétition d'oreille. La première est accordée. Suivie d'une forte pétition pour la seconde, oui, on ne rêve pas. Très justement le Président ne l'accorde pas.



Casas se fend d’une intervention indignée, sans doigt d'honneur, parle d'art, de symphonie et je ne sais quoi encore. Lamentable !



Mundotoro a vu une corrida bien présentée, on ne rêve pas, on ne rit pas non plus, et injurie le Président. Combien auront coûté à Casas les deux tiers d'arènes, la revendication de la seconde oreille, la protestation contre le Président, la corrida « bien présentée » et l'oubli évidemment de mentionner que le toro de la super faena de Perera n'a pas été piqué..



Je n'ai même pas regardé Luque jusqu'au bout. Je l'ai trouvé vulgaire et superficiel.



J'ai éteint la télé avant la fin du troisième toro.



On était dans un SIMULACRE de corrida, quelque chose qui ressemblait à un spectacle comico taurin. Comment la corrida pourrait-elle survivre à cela ?

lundi 10 juin 2013

Toro au coeur: Tonio


Moi, ça faisait longtemps que je l’avais repéré. Tatie elle m’avait dit, « il est riche celui-là ». Il avait de hautes haies autour de sa maison,  comme des murs. Ce n’est pas imaginable des haies comme ça.

Un jour, je rentrais de l’école, il était sur son trottoir. « Bonjour, je lui ai dit », « bonjour » il m’a dit. J’ai poursuivi mon chemin, sans sentir son regard sur moi.

J’aimais sa maison, et les hauts murs de branches qui l’enserraient, et devant, les grandes baies vitrées et les murs de livres. Surtout dans la pièce du bas. Il l’a construite récemment. Protégée de la rue par sa haie, à distance, elle laissait malgré tout entrer à pleins flots la lumière du vaste parc dans sa maison.

Je ne pourrais pas dire pourquoi. J’imaginais, derrière cette haie, du silence, mais du silence de riche, habité et doux comme de l’ouate, un silence qu’il suffisait d’écouter pour voyager, avec en plus des parfums rares. Et puis, je me demandais tout en en étant sûr, s’il ne suffisait pas d’être dans cette pièce, ouverte,  avec des bois doux et chauds comme des baisers, pour voyager, plus sûrement encore, parmi les livres. Tatie son silence ne dit plus rien, il est à bout de tout, vide. Il lui ressemble. En plus, dans la caravane, c’est sale et ça pue. Son silence à lui, me parlait et m’invitait.

Tous les jours, rentrant du collège, je longeais la haie. J’espérais l’apercevoir. Je n’osais pas me hisser sur le portail pour voir s’il était dans le parc ou dans son bureau. En plus, les gens disaient que c’était un ours. Il ne « voisine » pas, c'est vrai, mais je crois qu’il n’emmerde jamais personne. Je pense qu’il veut qu’on lui foute la paix. Ça, je le comprends assez bien.

J’avais dit à Tatie que je voulais faire le trajet seul de la caravane à l’école. Je crois bien que j’avais un peu honte lorsqu’elle me conduisait jusqu’au portail de l’école, au milieu des autres parents. Elle, elle vaquait à ses occupations, depuis très tôt le matin, mais elle aurait pu faire le trajet quatre fois par jour de la caravane à l’école et inversement. Elle l’avait fait jusqu’à cette année de CM2. Je ne lui ai jamais demandé ce qu’elle foutait de ses journées. Je rentrais le midi car elle n’avait pas l’argent pour payer la cantine et elle ne voulait rien demander. Elle avait peur, je pense, pas honte, non, simplement elle ne savait pas comment faire. A l’école, ils ont essayé de la faire venir, mais elle n’est jamais venue, et comme j’avais de très bons résultats, ils lui ont fichu la paix.

Ce jour-là, vers midi, il était sur le trottoir, je venais d’entrer au CM2. « Bonjour Monsieur », je lui ai dit. « Bonjour petit », il a répondu. « C’est toi Tonio ? ». « Oui », j’ai dit. Puis j’ai ajouté « j’aimerais voir votre maison. Je peux entrer ? ». J’ai bien vu que ça l’a surpris. « Oui, si tu ne me piques rien ». Moi ça m’a vexé, « je ne suis pas un voleur, monsieur », j’ai dit, faisant mine de partir. « Quelqu’un t’attend ? ». « Non monsieur », j’ai dit «  je mange seul le midi ».

Il m’a fait entrer dans le parc, puis dans la maison. « Gina » il a crié, « on a un invité !». Elle a commencé à rouspéter qu’il fallait l’avertir, qu’elle n’avait rien prévu. Lui il ne l’écoutait pas. « tu veux manger ici », il a dit.  « Je veux bien oui ». « Bon va falloir avertir ta mère ». « C’est pas ma mère » j’ai dit, « c’est ma tatie, elle s’occupe de moi, mais le midi, elle n’est jamais là ».

Pendant que Gina préparait le repas, en râlant, il m’a fait entrer dans son vaste bureau. Un mur entier vitré donnait sur le parc, les autres étaient couverts de rayonnages de bibliothèque. Une grande table rectangulaire et massive, comme une table de salle à manger campagnarde faisait office de bureau, encombrée de journaux, de livres, et d’un ordinateur. Aux coins de la bibliothèque, il y avait deux grands fauteuils de cuir très profonds et cossus. D’une incroyable couleur, comme cuivrée. Je n’avais jamais vu des fauteuils aussi beaux. En plus, ils sentaient le cuir, mais le cuir de riches.

« Tu aimes lire ? » il m’a dit. « Beaucoup, oui, Monsieur », j’ai répondu. Cet homme, je suis sûr qu’il savait tout de moi. Il me fixait avec des yeux un peu rieurs, mais je n’avais pas l’impression qu’il se foutait de moi.  « Ta tante t’en achète ? ». « Oh non, j’ai répondu très vite ». « Excuse-moi », il a dit, « je comprends ». Alors, peut-être pour qu’il ne soit pas gêné, j’ai ajouté : « les maîtresses m’en prêtent autant que je veux. Vous pouvez demander, je suis très bon en français ». « Tu pourras t’en choisir ici, j’ai un peu de tout, la bibliothèque de ma fille aussi. Je te conseillerai si tu veux ». « Merci Monsieur », j’ai dit.

Ce soir-là, quand je suis rentré à la caravane, j’avais un peu honte. Surtout envie de pleurer. Tatie l’a vu. « Qu’est-ce que tu as foutu ? », elle a dit. Je lui ai expliqué. « Les riches, c’est pas bon pour nous ! » a-t-elle ajouté.

La voyant hargneuse dans la saleté de la caravane, je pensais aux fauteuils et aux livres, et à un enfant assis là, avec un homme et une femme qu’il appelait papa et maman. Ils lui parlaient doucement, lui souriaient aussi.


Ma mère, j’ai appris à ne plus me poser la question. Tatie m’a dit qu’elle était morte et que mon père personne savait qui il était. Et puis,  cet andouille de Georgio, un jour qu’il était bourré et qu’il emmerdait Tatie m’a dit que ma mère était partie avec le dresseur d’ours d’un cirque. Comme ça ! Elle m’avait laissé à Tatie et elle était partie.  Ça s’est terminé que Tatie lui a mis un coup de bouteille sur le crâne et il a foutu le camp, la  gueule  en sang. « C’est des conneries » elle a dit.

Alors parfois, lorsque la nuit est mauvaise et ne fait pas de place au sommeil, je vois une jeune femme aux yeux tristes, qui fait la quête sans conviction, pendant qu’un géant gueulard fait déambuler un grand con d’ours dressé sur ses pattes arrières. Peut-être qu’une nuit, j’oserai lui parler, lui prendre la main aussi, pour qu’elle sache que je suis là.

A l’école, la psychologue me tournait autour. Elle me demandait pas « ça va ? », non, elle avait une façon de m’embobiner, de tourner autour du pot. Ça depuis que j’avais filé une rouste à un du CM2 alors que j’étais en CM1, parce qu’il m’avait dit que ma mère m’avait abandonné. C’est vrai que j’avais pleuré, de rage et d’humiliation.

Depuis la psychologue ne me lâchait pas, lorsqu’elle était à l’école. On appelait cela une RASED je crois, ou quelque chose comme ça. Elle m’a demandé un jour si « je voulais en parler ». « de quoi » j’ai répondu ? En fait, elle voulait savoir pourquoi j’avais été  violent. Elle le savait parfaitement, les autres lui avaient tout raconté.

J’ai fini par lui dire que je ne voulais pas en parler, que c’étaient mes affaires. Alors ensuite, j’ai réfléchi et j’ai demandé à la maîtresse de parler à la classe. Pour en finir avec cette histoire. J’ai dit que ma mère était morte, que je ne l’avais pas connue, pas plus que mon père et que Tatie m’avait recueilli, et que je ne voulais plus qu’on me pose de questions car je n’avais rien de plus à dire.

La psychologue m’a dit que c’était une bonne démarche, qu’elle ne m’en parlerait que si je le désirais.

En tous cas, lors de ce premier repas dans la grande maison, il m’a dit que je pourrai venir manger quand je voudrais. Je crois que je n’ai pas raté un seul déjeuner depuis.

Ps : ce texte est le second de libellé « Toro au cœur ». S’y reporter, si besoin,  pour une meilleure compréhension.

A suivre, si dios quiere !

jeudi 6 juin 2013

Calle Heredia




 
Angel Luis est un « venteno ». Il est né Calle Heredia, cette rue parallèle à la Calle de Alcala, à deux pas de Las Ventas.

 

Il s'était proposé pour me reconduire à l'aéroport. Nous avions le temps, alors il a décidé qu'à midi, nous irions boire quelques « vinos » dans « sa » rue.

 

Carmen, m'explique t'il, fréquente les bars de la Calle de Alcala, et leurs comptoirs en inox. Lui, Angel, les soirs de corrida va dans les bars taurins de sa rue : bois et têtes de taureaux.

 

Il m'a montré l'immeuble où il est né, au dernier étage. Un ou deux étages plus bas, vivait un picador. Les jours de corrida, on venait lui amener un cheval pour qu'il descende à Las Ventas. Enfant, Angel entendait le pas lourd du cavalier, et descendait en vitesse. Alors avec un autre enfant, le picador les chargeait sur son cheval et les menaient jusqu'à la Place de Las Ventas.

C'est ainsi que naît une aficion.

 

Maintenant, Angel vit à Paracuellos. Il m'explique que c'est maintenant une cité dortoir, à une portée de caillou de l'aéroport de Barajas.

 

Paracuellos c'est une des mémoires les plus noires de la Guerre d'Espagne des républicains.  Madrid
devait tomber du jour au lendemain en ce début de novembre 1936. Madrid bruissait encore des mots qui racontaient les massacres de Badajoz par les troupes marocaines de Franco et de bien d'autres massacres, comme ceux de Tolède, après la libération de l'Alcazar. Le gouvernement républicain avait abandonné Madrid pour poursuivre son action à Valence, on annonçait en France la chute certaine et même parfois anticipée de Madrid.

 

Le gouvernement républicain avait laissé la défense de Madrid entre les mains de Miaja et de Pozas, alors qu'une Junta exerçait les fonctions d'approvisionnement et de police. Les troupes de Franco étaient aux portes et curieusement, Varela qui commandait la manœuvre fit une manière de pause, trop sûr probablement de l'issue des combats. Ce laps de temps avait permis aux Brigades de rejoindre la capitales et aux armements soviétiques, chars et surtout avions, de contrer les armements de Hitler et de Mussolini.

 

A la Prison Modelo étaient enfermés des franquistes, souvent militaires. Comme Madrid devait être attaqué, on craignait que la prison libérée, ces prisonniers constituent une Cinquième Colonne et mènent la guerre de l'intérieur. On décida de les transférer dans une zone plus sûre. Pour beaucoup le voyage s'acheva à Paracuellos où ils furent exécutés. Certainement près de 1500 terminèrent leurs jours ici.

 

Angel n'aime pas que  nous évoquions ce sujet, je le comprends assez bien. De plus, aussi bien sa famille républicaine, que celle de son épouse ont payé un lourd tribu au franquisme, y compris au prix de leurs vies.

 

Angel Luis se nomme ainsi car son père était un fervent admirateur du Bienvenida portant les mêmes prénoms. C’est aussi un fervent républicain, à gauche toute et farouchement anti monarchiste. J’ai bien failli rencontrer son ami Grimaldos, historien, qui ce jour-là donnait une conférence à Reus. Une prochaine fois.

 

Lorsque nous avons déjeuné avec La Condesa, il a choisi un  restaurant portant fièrement en façade le drapeau tricolore de la Seconde République espagnole. Ce fut un grand et beau moment de fraternité. C’était toujours dans le même coin de la Puerta del Sol, du côté de la Calle del Carmen, une petite place. Initialement, nous devions boire ici quelques « vinos » en attendant Carmen.
 
Angel avait prévu de manger dans un autre restaurant tout proche. Il était fermé, Angel pense que c’est pour cause de deuil, car la patronne n’allait pas bien. Ici, Madrid ressemble à un gros village. Nous avons donc mangé sur la petite place, non loin du drapeau républicain, étalé sur la façade.

 

 

Quand je l’avais rencontré pour la première fois, avec Carmen, Angel nous avait emmenés dans le quartier de Salamanca. Ce quartier, très sélect, était un repère de la « cinquième colonne » et fut épargné par les bombardements franquistes. Le patron du restaurant, comme beaucoup ici, est de droite. Ami d’enfance d’Angel. Il l’a salué en le qualifiant « de maricon de izquierdas », et Angel l’a traité de « falangista de mierda » et de « fascio », tout en se donnant l’abrazo. J’ai bien précisé que j’étais aussi un « maricon de izquierdas ». Il nous a offert l’apéritif. On s’est bien marrés.

 

Nous avions donc le temps, Calle Heredia. Premier arrêt, « la tienta ». Ici, nous dit Angel, les
soirs  de corrida, le monde envahit la rue. En riant il nous dit que c’est interdit de boire dans la rue. La salle est petite et encombrée de têtes de toros. Ici le bar est artiste. Pas mal de Victorianos et partout, Curro.

 

En face du café, l’école que fréquentait Angel. Une école de « monjas ». Je souris à cette évocation « athée comme un pot de yaourt » comme dit Marmande. Jouxtant l’école des « monjas », une autre école qui était tenue par des « curas ». Angel dit en se marrant qu’ils pensaient à l’époque qu’il existait un souterrain entre les deux écoles afin de faciliter certaine convivialité discrète. L’immeuble où vivait Angel était à deux pas, en remontant un peu la calle Heredia.
 
 

 

Nous remontons donc un peu la rue. Ici, une porte discrète toute rouge. Sans panneau ni écriteau. Angel prétend que derrière cette porte se tient le plus petit bar de Madrid, contenant au maximum 20 personnes. 50 s’y entassent les jours de corrida. Un peu plus haut, pratiquement en face de l’immeuble où naquit Angel, un autre bar, tout petit aussi, dédié à Curro. Ici me dit Angel, on chante des « coplas » jusqu’à très tard dans la nuit. Le patron porte les stigmates de la veille. 3 heures et demi dit t’il. Nous n’avons pas le choix, « tortilla » et olives pour accompagner les « vinos ». Angel est chez lui ici. Je ne suis pas sûr que nous ayions payé. En partant je salue le patron, l’assurant que je reviendrai, car ce n’était pas cher.

 

Nous redescendons un peu la Calle Heredia. Sur la gauche le Restaurant La Puerta Grande. Un monument ici. On y est nettement plus toriste. Les têtes de toros en attestent, dont celle d’un Escolar

 

 
Gil de Ceret. Ici se tiennent souvent des tertulias taurines.

 

Re tortilla, re olives, re vinos visite de la salle de restaurant

 

Si vous passez  par la Calle Heredia, pensez qu’ici est né mon ami, mon hermanito de Las Ventas, cet homme bien qu’est Angel.

dimanche 2 juin 2013

torista, torerista!


Encore une fois, Xavier s'insurge contre les nouveaux errements de l'illuminé du Boucau. Le Vieux.
Je parle du Boucau. Bref !


Pour moi cela confirme seulement la nocivité et le peu de « verguenza » ou de « pundonor » de ce triste personnage, je parle du visionnaire des pins OCTien. J'emploie à dessein des termes taurins très applicables ces temps ci à un formidable Ferrera.



On évitera sa phase taurine, au cours de laquelle il démontra de vraies aptitudes à l'embrouille, à l'opportunisme voire à l'invective insultante, y compris vis à vis de ceux qui l'avaient aidé. Certains me comprendront.



On l'évitera par pudeur, ou simplement, parce que, au fond de nous, reste un respect pour celui qui « se met » devant les toros. Mais pour avoir eu la chance, si on veut, de le voir et même de me déplacer à Madrid, pour sa confirmation d’alternative, je peux affirmer que je ne fus jamais convaincu de ses facultés taurines. La confirmation d'alternative confirma, si on peut dire, ses carences.



Je dis aussi cela car, il a longtemps utilisé à tort et à travers, l'argument, selon lequel, lui, Dédé du Boucau, le Vieux, je parle du Boucau, savait tout car il avait été un grand torero, et que les contradicteurs, eux, n'y connaissaient rien, car ils ne savaient rien des toros, et devaient, par pudeur, la boucler. Autrement dit, lui savait, les autres non. Ce fut l'époque des « ayatollahs irresponsables ». Nous y reviendrons.



Ce genre d'argument est purement renversant, comme si, pour être critique littéraire il fallait être un Prix Goncourt, ou critique musical avoir été un virtuose, ou critique d'art, Prix de Rome. Je ne suis pas sûr que Vidal ait été un grand torero, ou Tio Pepe.



Navalon, que les « amigotes » du Dede d'alors démolissaient invraisemblablement, lui, fut plus qu'un practico, et s'essaya même à l'élevage de toros.



De plus, il faut bien avouer que lorsqu'on écoute la majorité des ex toreros qui se livrent à l'exercice du commentaire, direct live, je pense par exemple à Ruiz Miguel ou Munoz, on se dit que cela ne sert pas à grand chose d'avoir été oh combien, devant les toros, pour sortir de tels chefs d’œuvres de langue de bois ou de connerie. Je l’ai déjà dit, j'avais bien apprécié Joaquin Bernardo sur TV Madrid, mais il a arrêté. Il est vrai qu'il disait vraiment ce qu'il pensait des toros surtout, du genre il me plaît ou déplaît pour telle ou telle raison, et ce immédiatement ou presque à sa sortie, mais sûrement aussi, hélas pour nous car il l'a payé, ce qu'il pensait des hommes, en termes plus feutrés mais sans équivoque.



Moi je lui reconnais, au néo ignifugé du Boucau, le Vieux, Boucau, bien sûr, volontiers le mérite de vivre de sa passion. De s'être inventé une vie conforme à ses goûts. Je lui reconnais même un talent certain dans la réalisation de ses Terres Taurines, ibères et françaises, toujours très soignées et professionnelles dans la forme.



Mais je déteste son entrisme, permanent. Par exemple, il m'a fallu comme les autres contribuables,
mettre la main au porte monnaie pour financer son grand raout à l'Ambassade de France à Madrid pour le lancement de Tierras Taurinas ! J'ai suivi avec dégoût son flirt avec la Présidente de la Communauté de Madrid, Esperanza Aguirre y Gil de Biedma, membre éminent du PP, comtesse de Murillo et Grande d'Espagne. Ça peut aider, et cela a aidé. Il en a profité, prenant pour prétexte l'affaire de Barcelone pour entrer dans une campagne anti PSOE d'une violence absurde et pour le moins déplacée. Mais il fallait renvoyer l'ascenseur à la Comtesse. 


A cette époque, il nous vendait les infâmes saloperies de Mundotoro, tenu d'une main de fer par Jean Pierre Domecq, et en rajoutait dans l’abjection, portant des jugements de crétin arriviste façon « falangista », sur le devoir de mémoire, ou l'Espagne de Caïn et Abel. Tauromachiquement, il était dans une guerre d'une rare violence contre les « talibans » et autres « ayatollahs », irresponsables, évidemment incompétents, qui ne voyaient pas tout le bien que les figuritas de merde faisaient à la corrida, traînant dans leur sillage un public friqué, totalement incompétent. Cet afflux d'argent était de bon augure pour ses affaires. On le vit, mes amis espagnols m'en parlaient, entrer partout pour vendre son expertise et son statut de sauveur de la corrida en France dans les radios et surtout l'antenne intello de la droite dure, dépendant des « historiques propagandistes » en concurrence avec l'Opus Dei.



Il sur-utilisait sa Présidence à l'OCT, pour tirer la couverture à lui, rejetant dans l'ombre des gens aussi compétents aussi bien juridiquement que tauromachiquement que Zumbiehl, après avoir tiré un parti optimal des relations de cet honnête homme avec le Quai d'Orsay.



Pour tout dire, il semble que depuis les choses se soient un peu calmées : est ce en relation avec la mort de Jean Pierre Domecq, qui tenait toute cette troupe de minables d'une main de fer, ou avec une montée en présence plus qu'en puissance de Simon Casas à las Ventas et ailleurs en Espagne, alors que les relations entre nos deux virtuoses de l'entourloupe ne semblent pas au beau fixe.



Bref il nous a fait un revirement de jaquette flottante somptueux pour maintenant tenir un discours que jadis il exécrait, demandant des toros, alors qu'il n'y a pas si longtemps, sous la férule de MierdaToros, il expliquait combien ces toros « indultés », façon Desgarbado, étaient des diamants de génétique.



Pour tout dire, je pense également que la radicalisation du discours de certains ne comporte rien de bon pour le futur. Et surtout cette conviction maintenant avérée, d'avoir raison et d'avoir toujours eu raison. N'empêche que, face au désastre dans les arènes, on peut aussi décider de rester chez soi, de façon à ne pas alimenter la dérive. La corrida est aussi un spectacle et l'un des plus populaires à l'origine, et, sauf à mettre quelques détenteurs de la vérité aux guichets ou sur Internet pour juger des facultés toristes des impétrants, pour leur donner ou non le fameux sésame, et peut être en prime, l'avantage d’être cornaqués, par paquets de dix par quelques compétents, je ne vois pas comment on va leur interdire l'entrée des arènes.



De même, attention de ne pas tomber dans une autre déloyauté, incriminant, telle ou telle organisation, empresa, commission, édiles, qui ne font pas exactement ce qui se fait dans les organisations, empresas, commissions qui elles et eux sont vertueux, édiles inclus.



Je pense qu'il faudrait convenir de la difficulté pour n'importe quelle Commission par exemple de monter un programme équilibré et qui plaise à tous. Sachant qu'en général, pour certaines les bénéfices des corridas sont utilisés à d'autres financements festifs et que tout déficit serait en plus une bombe politique. Ce n'est pas le cas pour toutes.



Enfin, je voudrais aussi dire que les faenas de légende se sont faites avec, évidemment des toros qui les permettaient, qu'on le veuille ou non. C'est vrai que ce qui est insupportable , ce sont ces toros bouffis, armés façon zébus, décastés, faibles, mansos et sosos dont se repaissent les figuras. Tout aussi insupportable est de tout passer à certains encastes qui ont la chance de plaire aux nouveaux détenteurs de la vérité, alors que tout le monde sait, aussi, que pour répondre à la nouvelle demande, on met tout sur le marché. Je parle des fonds de campo.



On sait également que, normalement, lorsqu'on va chercher une certaine caste, plus proche du genio, on peut aussi fabriquer des objets taurins non identifiables, dont le seul mérite est leur aptitude à égorger. Ceci dit, je suis bien d'accord qu'il faut de tout dans la corrida, et que c'est aussi une façon de revenir à des sources quand prévalaient, sans que personne ne s'en offusque de grandes variétés de comportement. Mais parfois, en dehors de l'incompétence du torero, il faut savoir admettre qu'il n'y a rien à tirer du morlaco, et ne pas chercher à exiger une faena, quand une mise en place défensive est la seule chose à faire.



C'est probablement de spectacles dignes dont a besoin la corrida, essayant de regrouper, enfin, les tendances toristas et toreristas, en dehors de toute injure. Ceci ne peut passer que par un toro sérieux et des toreros qui comprendront enfin qu'ils mènent la corrida à sa mort s'ils ne changent pas de comportement. Enfin il me semble également que les Penas, plutôt que de s'affronter sur des terrains qui sont loin de n'être que taurins, ont un rôle de pédagogie à jouer, ainsi d'ailleurs que les organisations.


lundi 20 mai 2013

Inquiétant!


Madrid cahote de déception en déception. Certaines plutôt attendues et sans résonance particulière, au niveau de l'absence de caste, d'autres plus troublantes comme les Escolar et les Victorino. Sans parler des Juan Pedro devant un cartel trois étoiles.

 

Le flop de Talavante me désole surtout pour une raison : je sais que ma chère Condesa l'aime beaucoup et qu'il fait partie d'un cercle familial. Et vous savez comment ils sont les gitans avec la famille. Donc je pense qu'elle va le défendre bec et ongles ! Devant aller à Madrid, pour des raisons bien autres que taurines, de ce mardi jusqu'à ce vendredi, j'aurai sans doute l'occasion d'en discuter avec elle.

 

Talavante est apparemment un torero « corto » c'est à dire qu'il a réduit son répertoire à 5 ou 6 passes de base. Moi, cela ne me gêne pas lorsque l'exécution est parfaite.

 

D'abord il y eut le vent. Gênant, constant. Mais pourquoi s'obstiner à vouloir toréer dans les endroits les plus venteux ?

 

J'ai eu l'impression que pour employer une expression à la mode, Talavante s'est mis la pression, avec son clip mégalomaniaque, et ce défi auquel personne ne l'obligeait. Ensuite on m'a dit et je ne sais pas quel crédit il faut apporter à cette affirmation, qu'il n'avait jamais toréé de Victorino ni même tienté. Ceci expliquerait qu'à aucun moment il n'a semblé comprendre ses adversaires, il est vrai très décevants.

 

Ces Victorino étaient petits pour Madrid si on excepte un ou deux exemplaires, ce qui, sans être dans les secrets de Victorino, signifie peut être qu'il a essayé de privilégier la mobilité. En vain. Petits mais bien armés en général, certes !

 

Chose que je fais peu souvent, je vous livre les notes que j’ai prises :

 

« Premier toro :534 kgs, cardeno. Froid à la cape, puis compliqué et court, comme souvent. 1 grosse pique une seconde. Le toro sort seul. Puis devient soso, andarin . Talavante le torée au centre malgré le vent. 4 derechazos puis le toro se décompose.

Deuxième 530 cardeno : rien à la cape. Pique sans se livrer, andarin. Vent encore. encore au centre ! décroisé totalement. Toro cortito, escarbando. Problème de placement du torero qui n’intéresse pas le toro. Un peu de gauche un peu croisé, un certain rythme. A-t-il compris ? le toro manque de race. Troisième  Embiste plus mobile. Vent ! 3 bonnes de la gauche croisé, autre bonne série de 4, bon toro ! 4 autres bon remate. Plus court à droite longue série à gauche, remate bien !

Quatrième toro 508 kgs bon toro. Bonne série de la gauche. A droite court, s’éteint. Pourquoi toujours toréer au centre et non dans les papiers ?

Cinquième : 503 bien fait , pas mal à la cape. Trop piqué deux fois. Première série à gauche décroisé. 2 ème un peu plus croisé, . Impression qu'il ne comprend pas les victorino. Court à droite, encore ! positionnement ?mauvaises estocades

Sixième 530. Moyen au capote. Grande carioca deux fois. Le toro n’embiste pas, sans classe, andarin. Le public demande qu’on en finisse ! »

 

Deux choses de mon point de vue ressortent :

 

1)      Les toros ne sont pas sortis bons. Curieusement petits pour Madrid voire anovillados. Massacrés aux piques en général avec des cariocas de gala. La brega d’une façon générale a été lamentable !
Décastés en général. Sans mauvaises intentions flagrantes. Reste que les Victorino, il faut leur monter dessus, les réduire par le bas en se croisant sinon, ils font ce qu'ils veulent. Ce fut bien le cas.

2)      Talavante a paru écrasé, mais en même temps comme absent. Jamais croisé, toréant à mi hauteur, "pico » et « fuera de cacho » le plus souvent. Aucune inspiration ni à la cape ni à la muleta. Courtissime. S’est très connement obstiné à toréer au centre . Pourquoi ?N’a rien fait de ce qui est nécessaire avec les Victorino, ce qui peut laisser planer un soupçon sur la vraie qualité des toros. De là à les voir bons !!!!!!
 

 

On passe tout de même un peu tout au cher Victorino, même quand il sort une mauvaise corrida, ce qui de mon point de vue fut le cas. A force tout ceci va finir par friser le ridicule, de la même veine que tout rejeter qui soit Domecq like !

Inquiétant !

mercredi 15 mai 2013

Au risque de me faire lyncher


Je regarde tous les soirs les corridas de Madrid. Ce soir, peut être pas.



Que dire, sur l'écran, il est vrai qu'une grande partie de l'émotion disparaît ou plutôt cette vibration, cette respiration rauque des arènes et plus particulièrement, celles de Madrid.



Madrid sort des toros de Madrid en cherchant les plus grands les plus lourds, les plus armés. Cette tendance mortifère a fait passer à la trappe des encastes purs, petits dans le type ou avec peu de tête, mais terriblement batailleurs, au profit d'une uniformisation de peu d'intérêt.



Toutes les corridas que j'ai vues jusqu'alors à Madrid depuis vendredi sont sorties mal et décastées, je dis bien toutes, et parfois avec du danger. Ceci étant mon opinion.



Discutant avec un ami, je lui dis que je n'avais pas trouvé la corrida des Escolar de Madrid bonne. « Certes on ne s'ennuie pas comme avec les Puerto de San Lorenzo », lui ai je dit, « mais me semble t'il, certains sinon tous, ces Escolar manquaient de caste et de classe ». A mon avis, il y avait la beauté des animaux, leurs têtes terribles, mais semble t'il c'est ce qu'il faut à Madrid. Que n'avais je pas dit !



Le monde taurin est étrange, il semble condamné à des attitudes extrêmes : tout le « Domecq like » est à chier, « il n'y a pas de salut », comme m'a dit un ami aficionado en le regrettant, « hors de l'Escolar ou du Raso del Portillo ou du Cuadri ».



J'ai déjà dit aussi, au risque de faire hurler que les interminables suertes de piques en imposant au toro de partir de très loin sur le picador ne me paraissaient pas forcément « taurines». Il me semble qu'il conviendrait d'abord de tester la bravoure de l'animal sur une première pique, sans le saigner, et ensuite essayer de le présenter de plus loin. L'autre avantage me semble-t'il est qu'on risque moins « d’abîmer » le toro sur la forteresse volante foreuse.



Je suis conscient de la beauté d'une bonne suerte de piques, encore faut il que le toro soit brave, le picador bon, et que le torero ne veuille pas tuer le toro. Trois conditions qui ne sont pas si simples à réunir. De plus, me semble-t'il aussi, enivré par la charge du toro, le public est aux anges, oublie qu'on le prend ce toro, sur le ventre du cheval, qu'il y a carioca aussi et que la pique n'est pas réellement bien placée.



A Madrid, en tous cas le bilan est bien maigre aussi bien du coté des hommes que des toros, mais peut-t'on vraiment les en blâmer, je parle des hommes, avec le matériel qu'ils ont eu ? Je sais bien qu'il est normal que certaines corridas ne soient pas bonnes, mais toutes, avec le même symptôme de manque de caste même à des degrés variables, c'est très inquiétant.

lundi 13 mai 2013

Adieu, TORERO


Olivier Deck vient de me faire parvenir un exemplaire de son nouveau livre chez le diabolique Vauvert. En fait, je pense qu'il ne m'en voudra pas de révéler qu'il m'avait fait lire ce texte il y a quelques mois, voire années, et que je l'avais beaucoup aimé.



Il s'agit d'un format pratiquement impossible à éditer en solo, selon les canons actuels de l'édition: il fait seulement 80 pages petit format et marges conséquentes, trop long pour une nouvelle, trop court pour un roman.



C'est un beau texte, d'un seul jet, sans coupure de chapitre, un drame rapide. Jamais la tension ne retombe. Pourtant c'est toujours cette écriture sereine, sensuelle et riche, si caractéristique de l'auteur abouti qu'il est.



Nous sommes donc à la fin de la bataille de l'Ebre. Franco avait voulu couper Valence de Barcelone,
fort de ses succès en Aragon, après la bataille horrible de Teruel. Les républicains avaient réussi à reconstituer une armée en ayant recours à la conscription des dernières classes disponibles. Ils avaient contre-attaqué, dans une manœuvre d'une grande audace, qui avait imposé de faire traverser l'Ebre à toute une armée.



Comme toujours, les républicains qui n'avaient connu que des défaites tragiques, exception faite de Madrid, avaient avancé avec succès. Cette armée savait avancer mais pas garder ses positions : trop peu d'officiers compétents, de sous officiers, de logisticiens, bref tout ce qui fait la force d'une armée. Très vite Franco avait réagi, fort d'une supériorité accablante de l’artillerie, des blindés, et surtout de son aviation. Les armes n'arrivaient plus aux républicains.



Negrin, le Président du Gouvernement pensait qu'il fallait toujours résister et se battre et que bientôt un conflit salvateur éclaterait qui sauverait la République. Mais tous les politiques républicains savaient bien que la cause était entendue, et ce, depuis la chute des provinces du Nord en 1937 donc.



Dans ce contexte de misère, de faim, de défaites les désertions se multipliaient car bien souvent, on n'avait le choix qu'entre être écrasés sous les bombes et les blindés ou tenter de fuir.



On peut supposer que les héros de « Adieu, Torero » faisaient partie de ces malheureux. Comme beaucoup, il ignoraient comment ils avaient vraiment atterri ici : l'un apprenti torero que la guerre a empêché d'aller au bout de ses rêves, l’autre qui est parti via les Brigades par fanfaronnade pour plaire à sa belle. Bien loin, en tous cas d'un idéal antifasciste.



Deux destins improbables, deux esprits simples unis pour quelques heures par la guerre. L'occasion pour Olivier Deck d'aborder, avec ses manières, toujours tolérantes et qui jamais n'imposent, les thèmes de la guerre, de l'écriture, du destin aussi.



J'en ai déjà parlé, et lui et moi en avons aussi discuté, chez Olivier Deck, l'homme manque de clarté et de résolution. Il se laisse emporter par des passions qui peuvent le rendre admirable ou veule ou même très con. Mais d'une certaine façon il subit son destin. La femme est un point fixe, une amarre. Elle est en général forte, a besoin de savoir pourquoi elle fait les choses et régit la vie des hommes. Ainsi ses « héros » sont-ils fragiles, ballottés par une vie qui les dépasse. Eux font les choses sans vraiment savoir pourquoi.



Il faut lire ce splendide petit livre inclassable, le relire aussi pour non seulement la beauté de l'écriture mais aussi cette sensation que nous avons de nous enrichir, au gré des mots et d’être emportés, mine de rien, ai je envie d'écrire, dans un monde qui nous absorbe totalement, celui d'Olivier Deck.



dimanche 5 mai 2013

Antonio de Ramena (2): quelques précurseurs français à Madagascar


Donc, Diego Suarez, connue plutôt par les malgaches aujourd'hui sous le nom de Antsiranana, se situe à l'extrême pointe Nord de Madagascar, au fond d'une vaste baie parfaitement protégée. Ce site privilégié, à l'intersection du Canal du Mozambique et de l'Océan Indien était jugé d'une importance stratégique extrême, surtout dans le climat de chamailleries qui avait opposé les anglais aux français dans ce coin de mer. Les français y avaient construit un port militaire important, nommé Diego Suarez. Aujourd'hui on me dit que le port et les réparations de navires de moyen tonnage subsistent, en grande partie à cause du savoir faire des malgaches en matière de chaudronnerie, mais aussi car les salaires des ouvriers sont très bas . Le salaire moyen reste aux alentours de 30 euros mensuels, et on ne s'embarrasse pas vraiment de charges sociales.



Les vestiges plus ou moins bien conservés de cette présence importante sont omniprésents. L’Hôtel de la Marine, initialement Hôtel des Mines, que j'ai déjà évoqué, lourd d'une histoire coloniale opulente et élégante, dont les ruines sont empreintes d'une nostalgie inexplicable, que nous n'avions ressentie nulle part aussi fort.



Un kiosque à musique jouxte la ruine, de la même époque et construit par le même « mécène » chercheur d'or milliardaire. Lui est à peu près intact, le kiosque à musique donc, et on imagine ici les concerts donnés par la musique de la Marine, les femmes en crinoline voletant doucement au gré de l’alizé.



Aujourd’hui ce canal du Mozambique est toujours d'une grande importance, mais surtout en raison d'importantes réserves supposées de pétrole et de gaz naturel. J'ai évoqué ce sujet, pour ceux que cela intéresserait. On rappelle tout de même, pour le plaisir en partie car c'est toujours un étonnement pour moi, que Madagascar, du Nord au Sud fait pratiquement 1500 km et est vaste comme la France et le Bénélux réunis. C'est un gros caillou. Jusqu'alors, nous n'étions jamais allés à Diego, et n'avons toujours pas été non plus dans le Sud, trop difficile d'accès, encore aujourd'hui, au moins pour des voyageurs peu aventureux tels que nous et appréciant un certain confort. En tous cas, à Antsiranana, le kiosque du fastueux chercheur d'or semble attendre quelque fanfare militaire.



Et ce fabuleux et généreux chercheur d'or, Alphonse Mortages vaut le détour. Il est né dans le Sud
Ouest de la France en 1866. On dit qu'il avait un physique hors du commun, en clair c'était quelque chose comme un géant. Je me méfie toutefois un peu, car si cette affirmation provient des malgaches qui ne sont pas particulièrement grands, il faudra ramener l'appréciation à un costaud. Peu attiré par les études, il se fait enrôler comme mousse sur un bateau, car son désir était « d'être marin ». Il sera donc marin, sur des voiliers puis sur les premiers bateaux à vapeur.



Il connaît pour la première fois Diego en 1897, alors qu'il est chef de cabine. Probablement sous le charme de Diego, en 1898 il demande et obtient son débarquement. Utilisant son expérience de chef de cabine, il est d'abord gérant d'un établissement de la ville basse puis s 'installe dans l'avenue principale de Diego, la rue Colbert.



Probablement, cette vie ne lui convenait t'elle pas, alors il alla à Nosy Be pour ravitailler la flotte russe qui y fit escale lors du conflit russo japonais. Malheureusement, voulant rapatrier son magot à Diego, il perd sa cargaison dans le naufrage du petit voilier qu'il avait affrété.



Ruiné, il part dans la forêt récolter la sève des arbres à caoutchouc. C'est là qu'il commence à embaucher deux prospecteurs pour rechercher de l'or. Ces deux prospecteurs trouvent de l'or dans la région d'Ambakirano, près d'Ambolibe. Remarquons qu'en 2012, l'exploitation aurifère a été relancée dans cette même région et semble t'il des israéliens s'intéressent particulièrement à ces gisements.



Donc revenons à notre Alphonse Mortages et ses orpailleurs retenus par deux vazahas vindicatifs. Notre vaillant aventurier régla le problème semble t'il avec l'aide d'une Winchester. Ceci lui permit de délimiter un territoire de 30 km de long sur 6 de large, toujours non loin 'Ambolibe. L'exploitation à grande échelle commence en 1906 lorsqu'il découvre le « mamelon miraculeux » dont il extraira du quartz aurifère plus de 80 kgs d'or en deux jours.



Il s'en suit une période glorieuse, avec en particulier la descente triomphale de la rue Colbert, en chaise à porteur, entre ses charges d'or. C'est à son initiative donc, qu'est construit l’Hôtel dit des Mines, et sur le terrain jouxtant l’hôtel, le fameux kiosque à musique. Malheureusement, l'homme n'était pas un fin gestionnaire et des revers de fortune le conduisirent à céder son hôtel à la Marine Française, d'où la nouvelle appellation d’Hôtel de la Marine, lui même par la suite cédé à la Marine Malgache, pour tomber en ruines définitives.



Bien avant ce flamboyant vazaha, un autre vazaha natif d'Auch s'était illustré : il s'agit du robuste et par ailleurs très ingénieux sieur Laborde. Né à Auch au début du XIXèm e siècle, en 1805.



Bien que l'ayant précédé, sa trajectoire fait penser à celle de Mortages : l'appel du large, dans le cas de Jean Laborde les comptoirs des Indes. Un début de vie aventureux, un naufrage sur les cotes malgaches. L'homme, peu instruit, est un ferronnier forgeron très adroit. Pour payer son sauvetage, il réalise un lot de fusils que son bienfaiteur avait promis à la reine, et se fait ainsi remarquer.



Sur cette lancée, il créa une industrie de l'acier à Mantasoa, non loin de Tananarivo, arme la reine, mais aussi fait construire le fameux palais surplombant Tana,



Il sut se rendre indispensable aux yeux de la reine Ranavolana Première, et ce au propre comme au figuré. Jean Laborde la côtoie, c'est déjà pour l'époque une femme mure, elle est née en 1788, mais semble t'il dotée d'un robuste appétit sexuel. Notre gersois devient « aussi » l'amant de Madame. Il évoque souvent la « corvée royale ». Elle avait tout de même pratiquement 20 ans de plus que lui.



Jean Laborde fut un industriel compétent voire génial, il créa donc de toutes pièces une industrie métallurgique et chimique et se distingua aussi comme un bâtisseur talentueux. Mais dès 1835, la terrible reine interdit aux malgaches de pratiquer le christianisme et chasse en 1936 les missionnaires. En clair, les européens sont plutôt persécutés et Laborde lui s'en sort, car, on l'a vu, indispensable à tous points de vue à la reine.



Celle ci peut se comporter de façon sanguinaire. A tel point, qu'en 1857 Laborde monte un complot contre elle, en accord avec un fils de la reine. Le complot déjoué, la vie de Laborde fut épargnée, et plus tard il put revenir à Madagascar pour y mourir.




Aujourd'hui encore, n'importe quel malgache, érudit ou homme de la rue le plus banal, sait vous parler de Jean Laborde.

Mais à part ces précurseurs comment les français étaient t'ils arrivés en masse à Diego Suarez ? La colonisation française assez intense n'avait pas fait totalement oublier la perte de l'Alsace et de la Lorraine en 1871, mais elle compensa au moins partiellement, l'humiliation. Les grandes puissances coloniales, France, Angleterre, Allemagne se partagent en particulier l'Afrique, mais ceci ne va pas sans crispations sérieuses : Fachoda entre la France et la Grande Bretagne, les crises marocaines de Tanger et d'Agadir entre la France et l'Allemagne.

 
A suivre

L'article traitant des richesses de Madagascar et de leur pillage, dans le libellé Madagascar 2012, sur ce même bloghttp://adioschulo.blogspot.fr/2012/08/un-pays-qui-coule-4_30.html
















mardi 2 avril 2013

La démocratie en question!


Dans le Sud Ouest Dimanche de ce dimanche, Jean-Claude Guillebaud a signé un édito remarquable. Je le dis d'autant plus volontiers que je peste souvent contre cette publication hebdomadaire que je feins de n’acheter que pour son supplément TV, et, il faut bien le dire, les papiers formidables du très talentueux Christian Seguin : très belle écriture, fausse légèreté plus proche d'un certain dandysme, élégance donc.



Pour en revenir à Jean Claude Guillebaud, ce n'est pas réellement un gauchiste, ni un excité. Son article s'intitule « En finir avec l'absurdité ». Pour illustrer son propos il cite l'allemand Ingo Schulze, qui par exemple a écrit que «  le délitement de la démocratie, la polarisation économique et sociale croissante entre pauvres et nantis, la ruine de l’État social, la privatisation et la marchandisation progressive de tous les domaines de la vie » ne serait pas acceptable plus longtemps.



Jusque là, ce sont des choses qu'on murmure, constatant, avec terreur qu'on va droit dans le mur sur le cheval fou du « libéralisme » échevelé et surtout assassin. On constate bien sûr, mais on ne fait rien, attendant d'être vidés de notre substance sur place, avec cette excuse qu'on n'y peut rien, que c'est la mondialisation, et surtout qu'il ne faut pas déplaire aux marchés, au risque de se faire vampiriser.



Pour illustrer cette absurdité, il cite donc deux expressions qu'il juge pour la première comme « une sottise », l'autre comme « passablement obscène ». La première est de notre icône européenne, la si vertueuse et visionnaire Madame Merkel , dont précisément Schulze cite une formule datant de deux ans : « Il nous faut une démocratie conforme au marché », formule qui est la sottise. Guillebaud fait remarquer qu'aucune presse et pas seulement la française n'a sauté au plafond. Concernant la « passablement obscène », c'est Poutine qui s'y colle lorsqu'il utilise souvent, selon Guillebaud , la formule « démocratie dirigée » pour évoquer cette démocratie si maltraitée, mais il vrai que la « démocratie dirigée » est une spécialité des régimes dits communistes. Deux âneries colossales, comme si la démocratie pouvait être dirigée sans perdre évidemment toute sa signification, ou encore qu'elle devait être conforme au marché, c'est à dire, également, soumise au marché. Et selon Guillebaud, Schulze  ajoute : « Si nous voulons survivre économiquement, socialement, écologiquement et éthiquement, il nous faut des marchés conformes à la démocratie ».



Bien sûr, ceci en dit long sur le niveau d'implication du politique vis à vis du social. C'est aussi un aveu d'impuissance terrible traduisant, qu'on le veuille ou non un asservissement tragique aux puissances de l'argent, au détriment de toute idéologie et de vrai combat politique. Nos malheureux politiques n'ont en mains que des pétards mouillés, les armes de destruction massive sont ailleurs entre les mains de ce qui devient une oligarchie mondiale, et une peste argentée. On devine évidemment toutes les pressions chantages qui sont exercés sur les politiques quels qu'ils soient du type : «  ne m'emmerde pas ou je délocalise et te refile quelques milliers de chômeurs sur les bras », sans parler des « interactions » euphémismes avec les partis politiques par valises de fric interposées. On devine bien sûr que ces « dons » étaient à fonds perdus et sans espoir de retour, sous quelque forme que ce fût. Mais bien sûr tout ceci a cessé depuis belle lurette !



Et puis, on dirait que la leçon de 1929 n'a servi en rien. C'est à peine si on se souvient qu’elle a amené Hitler, Mussolini, Franco, Salazar, Staline, et bien d'autres, injustement, de moindre renom. Et encore, à cette époque, les puissances d'argent, banques, industriels, propriétaires terriens étaient moins généralisés et pas encore regroupés en une oligarchie mondiale.



Face à cette impuissance du politique, où des élections se jouent avec 30 pour cent de participation, il faudra bien se convaincre que comme l'écrit Guillebaud , le rôle du politique n'est pas de « rassurer les marchés » mais bien de « rassurer les citoyens ».



Un ami cher, content de mettre les voiles pour l'Espagne et l'Andalousie en particulier me disait aussi son dégoût profond pour cette classe dirigeante stéréotypée, sans imagination ni fierté. A mi-mots, je crois comprendre que selon lui, cela finira mal, très mal.



Face à cette désespérance qui se généralise, bien sûr, les extrêmes prospèrent, dans une débauche de populisme, aussi bien de droite que de gauche, extrêmes évidemment. Et le populisme, tout le monde sait où cela conduit.



Et à ce sujet, au risque de faire rire, je dirai qu'à bien y réfléchir, les similitudes entre les deux situations des années trente en Espagne et maintenant sont plutôt frappantes : domination d'une caste dominante ou de castes dominantes réactionnaires, échec du parlementarisme, gauche balayée en partie par ses propres incohérences et divisions, tentative de domination du religieux dans la vie sociale.



Il me vient aussi à l'esprit combien, et encore aujourd'hui, Mai 68, dont pour la droite, la faute principale et impardonnable est de l'avoir faite trembler sur ses bases, est encore donc insulté, déformé, ridiculisé. Pourtant, tout de ce qui nous arrive aujourd'hui était dénoncé et prédit. On le voit bien « ne pas désespérer Billancourt », « métro, boulot, dodo » et tant d'autres slogans, comme « il est interdit d'interdire » ou « sous le pavé la plage » ont un sens actuel, qu'on le veuille ou non.



Mais voilà, lorsque les banques se sont affaissées, victimes de leur imprévoyance, incompétence, affairisme ce sont les États dont nous, les pékins qui les ont renflouées, au prix d'une précarité, d'une paupérisation, d'une polarisation haineuse et d'une désespérance généralisées.



Alors bien sûr « l'indignation » est de mise mais sûrement non suffisante, mais malheureusement elle ne fonctionne que dans un seul sens. On l'a vu il n'y a pas si longtemps, lorsqu'un gouvernement de gauche a battu en retraite devant l'indignation des grotesques « pigeons ».



Les grecs ont certainement commis bien des erreurs, surtout leurs dirigeants d'ailleurs, tout comme les italiens, les espagnols, les portugais les français, même les anglais, mais les rigueurs qu'ils doivent subir sont proprement insupportables. Jusqu'à quand supporteront t'ils ? Sans broncher ?



J'en doute !

jeudi 14 mars 2013

Ca ne pouvait avoir lieu qu'à Seville

Mon ami Angel, el coronel, me transmet cette petite merveille en illustration "flamenca" de la crise bancaire en Espagne. Les sous titres sont dans la langue du divin manchot  (j'ai corrigé, merci Ludo)mais on comprend très bien, même sans être expert.

A déguster sans modération!

http://www.youtube.com/watch_popup?v=iop2b3oq1O0

jeudi 7 mars 2013

Antonio de Ramena (1): le culte des ancêtres


On rejoint Ramena, depuis Diego Suarez, par une route plutôt bonne, qui longe la baie, sur une vingtaine de kilomètres. Comparés à ceux qui séparent Diego de Antsoii, ces kilomètres là sont un vrai délice : la route est certes étroite, mais très carrossable. On a l'impression de décrire un cercle dont le centre serait le fameux pain de sucre, à notre gauche. Immédiatement, Mathilde demande si on pourra y aller, sur ce fameux pain de sucre. Mamy explique que c'est un lieu sacré, et donc, il est interdit ou « fady » d'y poser les pieds.





Lanto, toujours prudente, nous avait bien mis en garde contre les attaques des « foroches », ces bandes de voyous qui peuvent terroriser la population de Diego, et auraient déjà commis des attaques sur cette petite route. Mais en fait depuis 2011, quand une opération d'ampleur fut menée par les policiers « merinas » de Tana, il semble que ces jeunes gens se tiennent plus tranquilles.



Même s 'il nous arrive de rire des histoires omniprésentes de « fady », et Mamy avec nous, je le soupçonne de rire, pour que nous ne le prenions pas pour un demeuré, ce qui, très franchement est tout à fait improbable de notre part. Bref, nous le soupçonnons fortement de détester, au fond de lui, rire de ces histoires, qui, s'il les transgresse, risquent d'attirer sur l'imprudent, les foudres d'une multitudes d'ancêtres vindicatifs. Et même si, pour un type plutôt évolué et moderne comme Mamy, tout inviterait à ignorer ces craintes, en l'absence de certitudes absolues, mieux vaut ne pas se risquer dans ces zones dangereuses de la pensée, qui ignorent Descartes. Pourtant, à Madagascar, les ancêtres, objets de toutes les sollicitudes sont censés être plutôt sympas.



Nous avions eu la chance, à Tana ou sa proche banlieue, d'assister à la fête de retournement des morts, et ce, dans une famille très aisée. C'est Lanto, qui, entendant la musique, et sans le connaître, le plus naturellement du monde avait demandé l'autorisation au maître des lieux, qui l'avait accordée très volontiers. Il avait longtemps séjourné à Marseille et occupait à Tana des fonctions très importantes. L'entrée dans la propriété faisait penser à une garden party. Très belle propriété, bâtiments pimpants.



Les maîtres des lieux avaient fait les choses en grand, une grande tente pour abriter les agapes des personnalités, à proximité directe de 3 linceuls posés sur une table, et une fanfare qui jouait sans interruption une musique lancinante. Ainsi exposés, les ossements attendaient d'être remis dans le tombeau. Soucieux du détail, le maître des lieux nous indiqua qu'en fait dans les linceuls il y avait 4 morts, et que, probablement faute de repères, deux avaient été regroupés dans un seul.




Le bas peuple n'était pas oublié, pour lequel on avait dressé un bar où se servait en particulier le très redoutable rhum malgache. La biture volait bas ! Jusque là, nous avions évidemment assisté à ces processions derrière une boite en carton contenant les ossements, en musique, si on peut dire. Mais c'étaient des cérémonies bien modestes, bruyantes certes, mais dépenaillées, en comparaison du faste très bcbg déployé ici. Mamy dit que c'est aussi pour la famille une façon d'exhiber son aisance et ses richesses.



Ceci pour dire que les ancêtres malgaches, habitués à tous les égards, jusqu'au dépoussiérage périodique de leurs ossements lors de ces joyeuses cérémonies, auraient peut être tendance à ne pas tolérer le moindre manquement au respect des « fady » qu'ils multiplient à l'infini. Certainement, pour qu'on ne s'avise pas de les oublier ou de douter de leur omnipotence ! A force de tant de gâteries, ils doivent finir par être un poil caractériels ou carrément infantilisés. C'est mon interprétation de mécréant. L'aptitude de tous les malgaches à côtoyer l'ésotérique m'a toujours surpris, y compris dans des milieux socialement et culturellement très évolués. Ici, en tous cas, on fait la queue pour passer à table, en compagnie des ancètres.




Il fallut visiter le tombeau, nouveau aussi. Là Lanto et Mamy n'étaient pas vraiment à l'aise, alors que le propriétaire nous invitait à entrer dans le bâtiment. Nos amis malgaches restèrent à l'extérieur. Il nous expliqua comment les linceuls allaient bientôt être remis en place, sur des étagères en bois, et aussi les « fadys » qui accompagnent cette cérémonie. Je crois avoir compris qu'il fallait faire 7 fois le tour du tombeau, dans un sens précis et aussi que si on amenait les linceuls par un chemin, il fallait revenir par un autre. Bon, c'est ce que je crois avoir compris.



Retour donc à la fête. On nous propose de nous alimenter aussi, nous déclinons l'invitation. Et puis, la musique est vraiment entêtante. J'en ai maintenant un peu assez. Je m'étonne aussi du nombre invraisemblable de musiciens de cette « banda » composée pratiquement uniquement de bois et de cuivres qui sonnent dans un timbre plutôt strident. Donc, laissons les ancêtres à leur repos vigilant. Maintenant, je sais qu'ils ne dorment que d'un œil, en attendant qu'on change leur linceul.



L’hôtel est posé au bord de la baie, à proximité d'une mangrove. C'est un petit hôtel d' une dizaine de bungalows. Le notre donnait à même la plage, par une terrasse ombragée. Juste un muret à descendre pour rejoindre un transat et un abri du soleil très couleur locale, en bois massif. Cette année j'avais décidé de ne pas emmener de livre. La privation de lecture était rapidement devenue intolérable. A l’hôtel, ils proposaient quelques livres français : j'ai pu en particulier relire « Que ma joie demeure » de Giono, ce livre qui, adolescent, m'avait tant troublé. Je dois à la vérité de dire que cette relecture m'a plutôt déçu. On prend le petit déjeuner ou les repas en plein air près de la piscine . La vue est incroyablement belle et lumineuse, comme partout à Madagascar.
 
à suivre?